Sans la vista du Président de la République Nicolas Sarkozy, prenant conscience du fait que ce qu’il n’avait d’abord considéré que comme une révolte passagère, pourrait s’inscrire comme un des épisodes d’un « mai 68 européen » à venir, nous aurions pu passer une fin de cette année 2008, déjà suffisamment entachée de toute sorte de vilenie, assez agitée. Il s’agit, vous l’avez compris, de la manifestation lycéenne de ces derniers jours.
La mondialisation leur fait peur ! La mondialisation fait peur à toute la jeunesse européenne !
Peut-être à juste titre car, en France, en Italie que je connais aussi un pocco, l’enseignement public est particulièrement inadapté à l’évolution de la société et de l’économie du XXI siècle. Ces ingrédients présents dans la colère des étudiants hellènes. Chez nous, un doctorat n’est souvent qu’un passeport pour le chômage.
Il faut être attentif au fait que, si ados et jeunes adultes sont que rarement engagés politiquement, ils sont sensibles, néanmoins, aux arguments et à la propagande de ceux de leurs camarades qui dénoncent les effets de la mondialisation financière, sentiment renforcé par la crise.
Et cette situation est aggravée et les risques de dérapage augmentés par le manque d’alternative politique, en Grèce, in Italia, chez nous…
La déliquescence du PS accentuée par l’attitude irresponsable de sa « Premier Secrétaire » qui n’a pas évoluée depuis plus de 20 ans, ne va pas améliorer la visibilité. Même pire, d’autres foyers ne manqueront pas de s’allumer d’ici peu : les révolutions françaises ont toujours été suivies d’un effet européen !
Peut-être devrions-nous nous souvenir du temps où l’élite était la crème de la Nation, sa fierté. Aux époques difficiles ou transitoires, c’est elle qui était gardienne des trésors du pays : la langue, la culture, l’identité, la mémoire. Aux vraies élites, dirigeantes, intellectuelles, incombaient la prérogative de peser sur les choix essentiels et stratégiques du pays ! Que faire sans l’engagement des meilleurs dotés de vision large et de culture universelle ? Force de caractère, dévouement à la communauté, au culte de l’idéal, à l’esprit de sacrifice, préservation des valeurs mais aussi élaboration de nouvelles : théorie surannée à l’égard des réalités du monde contemporain ? Cette théorie pourrait cependant constituer une source de retour aux fondamentaux. Et nous aider à sortir à tout jamais de l’amalgame malheureux avec les privilégiés du pouvoir, du statut et de l’argent, et avec toutes les fausses valeurs médiatiques.
Que Noël vous soit agréable !