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Réunion du 30 MARS à l’Hôtel MERCURE ST THIEBAULT à METZ

Mardi 31 mars 2009

A l’invitation de Claire Francfort, présidente du Parti Radical de Moselle, Monsieur Bernard MOREAU, Directeur Général Adjoint de la Banque Populaire Lorraine-Champagne, Président de la fédération bancaire de Lorraine est intervenu sur le thème :

«  LA CRISE VUE PAR UN BANQUIER DE TERRAIN ».

La salle de conférence de l’hôtel  Mercure à Metz qui a réuni militants et sympathisants était trop petite devant le succès de cette réunion débat au cœur de l’actualité.

Parti Radical de Moselle - réunion 30 mars 2009

Parti Radical de Moselle - réunion 30 mars 2009

La titrisation, les sub-primes, la faillite de Lehman Brothers et les nouvelles normes comptables sont, pour lui ,les éléments déclencheurs de la crise actuelle.

La titrisation parce qu’elle permet la revente d’une dette à une multitude et qu’elle a gangrainé le système économique entier. Ce fut un moteur de l’accèlération de l’économie américaine. Réalisée sur certains types de créances sous le contrôle des agences de notation, la titrisation a eu comme effet un effondrement complet des marchés financiers une fois le risque avéré.

Les sub-primes qui sont une revalorisation d’une clientèle qui n’a pas les moyens d’emprunter ont également contribué à la crise financière. Les échéances étant minorées au début de l’emprunt le modèle s’appuyait sur une valorisation du bien acquis. Le marché de l’immobilier subissant des secousses puis s’effondrant les sub-primes ont contribué à l’accélération du surendettement des ménages déjà en difficulté. La titrisation faisant effet sur les emprunts contractés, plus aucune visibilité n’était possible sur les risques.

Ensuite Lehman Brother, victime du “too big to fall” - comprendre “trop grosse pour tomber”. Parmi les premières banques américaines, celle-ci ne fut pas sauver par l’Etat américain. Peut-être parce que la plus grosse partie des encours étaient européens? Ceci engendra un perte de confiance et donc une crise de liquidité.

Enfin les nouvelles normes comptables parce qu’elles valorisent les cours de l’économie mais ne les protègent pas. Ont elles vocation à le faire?. Ainsi se mettent à jour des problèmes de viabilité dès que les cours s’effondrent. Une aide des Etats est donc nécessaire.

Parti radical de Moselle - réunion du 30 mars 2009

Parti Radical de Moselle - réunion 30 mars 2009

Une question, parmi de très nombreuses qui ont suscité des réponses extrêmement claires et précises :
La France a-t-elle bien réagi face à cette crise?

Oui, le président français est à l’initiative de  plusieurs mesures économiques et monétaires, tels que le tirage de monnaie, la mise en place de la médiation, du crédit-relais. Il a, selon Bernard Moreau, compris rapidement la problématique et agi avec perspicacité.

Propos de Laurent Hénart, député UMP de Meurthe-et-Moselle.

Lundi 23 mars 2009

“C’est en montrant qu’on joue ce qui est faisable, que l’on apporte la preuve que l’on n’est pas dans l’abstention”

“On est bien content de compter sur la solidarité et la coordination de l’Europe »

La meilleure façon de le faire, c’est de prendre des mesures de défense.
Parce qu’il y a de vraies différences entre les grands ensembles économiques mondiaux de salaires, d’accès aux matières premières - on ne peut pas le nier. Il y a donc de vrais écarts de compétitivité et de sensibilité à la crise. Il faut montrer dans ces conditions que l’Europe a une première intervention possible, et montrer qu’au niveau national on garde des stratégies économiques.

Le plan “automobile” était, de ce point de vue, salutaire. Parce que le secteur est annoncé en crise, il faut bien faire comprendre que l’Etat ne se contente pas de laisser faire la crise mondiale même si chacun sait qu’elle est inévitable puisqu’elle est partout présente dans le monde. Mais quand il y a des particularités ou des points forts français menacés, il y a une politique nationale qui s’exerce. Je pense que c’est en montrant qu’on joue ce qui est faisable à chaque niveau avec des initiatives locales ou nationales, et des réactions à organiser au niveau européen ou mondial, que l’on apporte la preuve que l’on n’est pas dans l’abstention. C’est la bonne méthode pour combattre le protectionnisme. J’ajoute qu’il faut aussi savoir assumer la part de liberté de circulation : on est bien content de compter sur la solidarité et la coordination de l’Europe quand notre économie va mal. A un moment donné, c’est normal de discuter avec les autres de ce qu’on va faire.

Pour le plan “auto”ce n’est pas forcément demander à l’Europe en tout point des autorisations, comme le dit M.Le Pen, mais veiller à ce que nos partenaires européens n’aient pas l’impression que la France fait le contraire de ce qu’il faut. Quand ce ne fut pas le cas, cela ne nous a pas réussi : c’est la leçon principale de la période 1981-1983.A l’époque, il n’y avait pas l’euro et il n’y avait pas eu le débat sur le traité constitutionnel, néanmoins l’économie qui est restée par terre, c’est l’économie française.

Paru dans Le Nouvel Economiste 1468 semaine 12/2009.